domingo, septiembre 04, 2011

Musicalité poétique chez Musset


L´été 2011 touche à sa fin, la lumière presque autonnale se fond avec la musique de Schubert qui m´accompagne. Ceci me fait penser à la poésie romantique et ses rapports à la musique. En effet, il y a des poètes pour lesquels la musique conduit à la mélancolie, à la douleur voire au déchirement de soi. C´est le cas du romantique Alfred de Musset. Il a profondément aimé la musique. D´une certaine manière, il s´érige en précurseur des théories poétiques développées par les symbolistes. Les synesthésies lui semblent naturelles. Pour lui, associer des couleurs aux notes ce sont des choses qui vont sans dire. Musset est aussi un poète de l´intime. En musique, il connaît les nouveautés qui sont à la mode à Paris. On peut associer ce poète à Schubert, à la mélancolie de l´hiver, à l´intimité de la forme Lied où uniquement la musique et la poésie dialoguent. Musset se sent plus à l´aise dans les concerts où les décors s´estompent. Au début du siècle Le Lied fait fureur en France. Musset est un amateur de musique allemande. Dans la forme du Lied il voit la parfaite résolution de l´image en musique. C´est pour cela qu´il n´a jamais fait d´objection pour que ses poèmes soient mis en musique, bien au contraire, il a parfois écrit des textes destinés à être mis en musique. Dans la biographie écrite par son frère Paul de Musset, nous apprenons qu´il connaissait un pianiste disciple de Liszt ; Hermann. Il aimait le talent de cet interprète et compositeur. Il écrivait parfois des poèmes en même temps qu’Hermann improvisait au piano. Selon son frère « Ils composèrent ainsi ensemble trois chansons : Bonjour Suzon !, Non, Suzon, pas encore !et Adieu Suzon ! Une autre mélodie du même maestro servit plus tard à faire la barcarolle que chante Steinberg dans Bettini ». On peut donc estimer qu´il avait une connaissance approfondie de l´art musical. Musset considère que les poètes ne doivent pas oublier la musique lorsqu´ils composent leurs poèmes. Il considère même qu´ils doivent créer comme s´ils étaient des musiciens. Le langage musical ne sera jamais égalé par les paroles les plus belles. Contrairement à Diderot, il voit dans la déclamation la parole tandis que la musique est la pensée pure. Il défend donc l´autonomie de la musique mais d´une manière plus germanique que française. Or, l´art musical, de préférence vocal, acquiert un statut privilégié chez le poète. En outre, c´est un moyen idéal pour s´approcher de Dieu. Dans la scène V de Les Marrons du feu initialement publiée dans les Contes d´Espagne et d´Italie (1830), il introduit un dialogue qui témoigne de sa vision de la musique comme un art à caractère divin :
« La poésie
Voyez-vous, c´est bien. Mais la Musique, c´est mieux.
-Pardieu ! voilà deux airs qui sont délicieux ;
La langue sans gosier n´est rien. -Voyez le Dante,
Son séraphin doré ne parle pas, -il chante !
C´est la musique, moi qui m´a fait croire en Dieu ! ».
Malgré le caractère divin de la musique, dans le poème Lucie, réapparait son éternel pessimisme. Il y associe la douleur et la mort à la musique « Fille de la douleur, Harmonie ! Harmonie ! » la musique est une langue inventée pour l´amour. Musset considère que ce langage vient d´Italie pays qui l´a reçu des cieux. Les vers du poème s´insèrent dans un contexte de mystère et de douleur devant l´énigme des sons : un mystère ignoré de la foule. C´est dans un écho de romance que la mort s´empare de Lucie. Son inquiétude ontologique se manifeste à travers la musique, mais son espoir réside dans le désir d´écouter les sons « que la terre n´a pas ».
La musique fait partie de la vie du poète, mais en tant qu´art sublime insaisissable, comme la poésie, engendre la souffrance car l´homme, aux yeux de ce représentant du mal du siècle, n´a qu´un seul maître: la douleur.

3 comentarios:

temps dijo...

un seul maître: la douleur !
un seul maître: le libre arbitre !
un seul maître: Dieu !
un seul maître: http://www.format-jo.fr/ !
un seul maître: la joie de créer !
L'homme est une feuille portée par le vent et ne connait pas de maitre que celui qu'il s'accorde.
Cordialemenet

Eternauta Charly Spada Vecchia dijo...

Belleza de expresiones que se entremezclan en palabras que iluminan y sonidos musicales que acarician.

Eternauta Charly Spada Vecchia dijo...

Belleza de conceptos entremezclados con sutiles rumores musicales que denotan y mitigan las penas del alma.