domingo, septiembre 11, 2011

Música y literatura en George Sand (Versión en castellano)



George Sand, escritora romántica francesa, expresó su deseo de libertad a través de la actividad artística. Además de su Invierno en Mallorca, escribió textos de ficción en los que habla de música. Así, Consuelo se plantea como una novela musical. Y lo logra ya que todos los personajes, reales o inventados, se encuentran en un ámbito en el que se reflexiona constantemente sobre el arte musical y sobre los artistas que lo practican. Se trata de una novela épica en la que la heroína, una gitana, se forma en el canto de las escuelas de música venecianas que tanto admirara Rousseau. A lo largo de las aventuras de este texto, se elogia la música, en particular la del siglo XVIII. En este tema, Sand se decanta abiertamente por las teorías prerrománticas de Rousseau acerca de la música como canto libre.
Pero, a diferencia de Rousseau, tan conservador en lo referente a los sexos, esta escritora quiere mostrar a la mujer libre que recorre toda Europa. A través de una profunda reflexión sobre la música como aliada de la libertad, sostiene que el arte musical puede expresar lo que la tiranía social obliga a callar.
Próxima a los utopistas, Sand se interroga sobre el papel de los artistas en la sociedad, duda sobre las fronteras entre la música sagrada y la profana, así como sobre la separación entre el arte culto y el popular. De esta manera, su idealismo político se conjuga con su idealismo estético. De acuerdo a la estética romántica, considera que la música tiene cualidades excepcionales porque es por excelencia el lenguaje de lo inexpresable.
El personaje de Consuelo nos presenta a una artista completa con una sensiblidad exquisita. Cuando escucha la voz de un instrumento es capaz de vivir la música en estado de trance. En el conocido pasaje del violín de Albert, personaje del artista de talento excepcional, la música conduce a la heroína a una ensoñación llena de espiritualidad. Los sonidos del violín desaparecen dejando lugar a percepciones que parecen venir de otro mundo : « Peu à peu Consuelo cessa d´écouter et même d´entendre le violon d´Albert. Toute son âme était attentive ; et ses sens, fermés aux perceptions directes, s´éveillaient dans un autre monde, pour guider son esprit à travers des espaces inconnus habités par des nouveaux êtres ». Más allá de las palabras, la música dice lo que el espíritu siente. Albert resume en unas breves palabras toda la teoría romántica elaborada por Sand: «Consuelo, tu connais le chemin de mon âme. Tu possèdes la puissance refusée au vulgaire, et tu la possèdes plus qu'aucun être vivant en ce monde. Tu parles le langage divin, tu sais exprimer les sentiments les plus sublimes, et communiquer les émotions puissantes de ton âme inspirée. Chante donc toujours quand tu me vois succomber. Les paroles que tu prononces dans tes chants ont peu de sens pour moi ; elles ne sont qu'un thème abrégé, une indication incomplète, sur lesquels la pensée musicale s'exerce et se développe. Je les écoute à peine ; ce que j'entends, ce qui pénètre au fond de mon coeur, c'est ta voix, c'est ton accent, c'est ton inspiration. La musique dit tout ce que l'âme rêve et pressent de plus mystérieux et de plus élevé. C'est la manifestation d'un ordre d'idées et de sentiments supérieurs à ce que la parole humaine pourrait exprimer. C'est la révélation de l'infini ; et, quand tu chantes, je n'appartiens plus à l'humanité que par ce que l'humanité a puisé de divin et d'éternel dans le sein du Créateur. Tout ce que ta bouche me refuse de consolation et d'encouragement dans le cours ordinaire de la vie, tout ce que la tyrannie sociale défend à ton coeur de me révéler, tes chants me le rendent au centuple. Tu me communiques alors tout ton être, et mon âme te possède dans la joie et dans la douleur, dans la foi et dans la crainte ; dans le transport de l'enthousiasme et dans les langueurs de la rêverie.».
En esta novela, Sand logra una amalgama entre la música refinada y la música popular que poseería una especie de pureza natural. A mi parecer, en este aspecto, Sand se adelanta a las teorías modernas sobre la canción popular en tanto espejo de una melodía primordial hecha de poesía y ensueño. Sería interesante estudiar esta novela de Sand, amiga íntima de grandes melodistas clásicos como Liszt y Chopin, a la luz del concepto de tonalidad melódica empleado por el teórico musical Réti. En la música popular, no nos encontramos con un modelo rítmico-armónico estricto como en el caso de la tonalidad armónica clásica. La música popular mantiene una nota predominante, lo que permite a los cantantes variar la melodía sin perder la noción de tonalidad melódica. Este tipo de tonalidad, más primitivo y, por consiguiente, más próximo de la naturaleza, desapareció cuando los modelos clásicos se impusieron en la música occidental.
Sea como fuere, lo que podemos afirmar es que, en George Sand, la música representa la cumbre del arte, tanto desde el punto de vista del utopismo social como del onirismo romántico

domingo, septiembre 04, 2011

Musicalité poétique chez Musset


L´été 2011 touche à sa fin, la lumière presque autonnale se fond avec la musique de Schubert qui m´accompagne. Ceci me fait penser à la poésie romantique et ses rapports à la musique. En effet, il y a des poètes pour lesquels la musique conduit à la mélancolie, à la douleur voire au déchirement de soi. C´est le cas du romantique Alfred de Musset. Il a profondément aimé la musique. D´une certaine manière, il s´érige en précurseur des théories poétiques développées par les symbolistes. Les synesthésies lui semblent naturelles. Pour lui, associer des couleurs aux notes ce sont des choses qui vont sans dire. Musset est aussi un poète de l´intime. En musique, il connaît les nouveautés qui sont à la mode à Paris. On peut associer ce poète à Schubert, à la mélancolie de l´hiver, à l´intimité de la forme Lied où uniquement la musique et la poésie dialoguent. Musset se sent plus à l´aise dans les concerts où les décors s´estompent. Au début du siècle Le Lied fait fureur en France. Musset est un amateur de musique allemande. Dans la forme du Lied il voit la parfaite résolution de l´image en musique. C´est pour cela qu´il n´a jamais fait d´objection pour que ses poèmes soient mis en musique, bien au contraire, il a parfois écrit des textes destinés à être mis en musique. Dans la biographie écrite par son frère Paul de Musset, nous apprenons qu´il connaissait un pianiste disciple de Liszt ; Hermann. Il aimait le talent de cet interprète et compositeur. Il écrivait parfois des poèmes en même temps qu’Hermann improvisait au piano. Selon son frère « Ils composèrent ainsi ensemble trois chansons : Bonjour Suzon !, Non, Suzon, pas encore !et Adieu Suzon ! Une autre mélodie du même maestro servit plus tard à faire la barcarolle que chante Steinberg dans Bettini ». On peut donc estimer qu´il avait une connaissance approfondie de l´art musical. Musset considère que les poètes ne doivent pas oublier la musique lorsqu´ils composent leurs poèmes. Il considère même qu´ils doivent créer comme s´ils étaient des musiciens. Le langage musical ne sera jamais égalé par les paroles les plus belles. Contrairement à Diderot, il voit dans la déclamation la parole tandis que la musique est la pensée pure. Il défend donc l´autonomie de la musique mais d´une manière plus germanique que française. Or, l´art musical, de préférence vocal, acquiert un statut privilégié chez le poète. En outre, c´est un moyen idéal pour s´approcher de Dieu. Dans la scène V de Les Marrons du feu initialement publiée dans les Contes d´Espagne et d´Italie (1830), il introduit un dialogue qui témoigne de sa vision de la musique comme un art à caractère divin :
« La poésie
Voyez-vous, c´est bien. Mais la Musique, c´est mieux.
-Pardieu ! voilà deux airs qui sont délicieux ;
La langue sans gosier n´est rien. -Voyez le Dante,
Son séraphin doré ne parle pas, -il chante !
C´est la musique, moi qui m´a fait croire en Dieu ! ».
Malgré le caractère divin de la musique, dans le poème Lucie, réapparait son éternel pessimisme. Il y associe la douleur et la mort à la musique « Fille de la douleur, Harmonie ! Harmonie ! » la musique est une langue inventée pour l´amour. Musset considère que ce langage vient d´Italie pays qui l´a reçu des cieux. Les vers du poème s´insèrent dans un contexte de mystère et de douleur devant l´énigme des sons : un mystère ignoré de la foule. C´est dans un écho de romance que la mort s´empare de Lucie. Son inquiétude ontologique se manifeste à travers la musique, mais son espoir réside dans le désir d´écouter les sons « que la terre n´a pas ».
La musique fait partie de la vie du poète, mais en tant qu´art sublime insaisissable, comme la poésie, engendre la souffrance car l´homme, aux yeux de ce représentant du mal du siècle, n´a qu´un seul maître: la douleur.

sábado, marzo 19, 2011

Literatura e cinema, duas artes bem harmonizadas: Mistérios de Lisboa



Gostaría de escrever estas linhas na lingua de Camões porque ainda estou a ouvir os belos sons do português depois de ter passado mais do cuatro horas numa sala de cinéma pequenina, com outras dez pessoas, desfrutando do film Mistérios de Lisboa. Trata-se de uma adaptação que o chileno Raúl Ruiz fez da novela do escritor romântico Camilo Castelo Branco cuja accão folhetinesca lembra-me os escritos do francês Eugène Sue. Castelo Branco diz que o seu livro mais do que um romance era uma autobiografía de sofrimento verídico. Acho que nesta altura da história onde tudo está acelerado, vale a pena desfrutar do tempo pausado da narração filmica, dos tempos fiéis ao século XIX, uma época tão longe de nós mas também tão perto quanto ao essencial.

domingo, marzo 06, 2011

Musique et Liberté chez George Sand



Dans le cadre du 8 mars, je voudrais rendre hommage ici à George Sand rappelant son désir de liberté qu´elle associe aussi à l´activité artistique. Outre son Hiver à Majorque, George Sand a écrit d´autres textes de fiction où il est question de musique. Ainsi, Consuelo prétend être un roman musical. Sand y parvient car tous les personnages, réel ou inventés, se trouvent à l´intérieur d´un domaine où l´on réfléchit constamment sur l´art musical et sur les artistes qui l´exercent. C´est un roman épique où l´héroïne, une bohémienne, s´initie au chant dans les écoles de musique vénitiennes si admirées par Rousseau. Tout au long de ses aventures on exalte la musique, en particulier celle du XVIIIème siècle. Sand se range clairement du côté de Rousseau. La volonté de Sand de montrer une femme libre qui parcourt toute l´Europe, s´accompagne aussi d´une profonde réflexion sur la musique. La musique est une alliée de la liberté, elle peut exprimer ce que la tyrannie sociale fait taire. Ce roman a une fonction sociale car il met en question l´ordre établi. En effet, proche des utopistes, elle s´interroge sur le rôle de l´artiste dans la société, doute des frontières entre la musique sacrée et profane ainsi que sur la séparation entre l´art savant et l´art populaire. Son idéalisme politique rejoint par là son idéalisme esthétique. Ce qui est certain c´est que Sand estime que la musique a des qualités exceptionnelles, elle est le langage par excellence de l´inexprimable. Nous y retrouvons les idées que beaucoup de romantiques propagent lorsqu´ils abordent le sujet qui nous occupe. Consuelo est une artiste complète d´une sensibilité exquise qui tombe dans les extases et les ravissements. Lorsqu´elle écoute la voix d´un instrument elle est capable de vivre la musique dans un état second. Dans le passage très connu du violon d´Albert, un artiste au talent exceptionnel, la musique conduit l´héroïne à une rêverie proche du mysticisme. Les sons du violon disparaissent laissant la place des perceptions directes venant d´un autre monde : « Peu à peu Consuelo cessa d´écouter et même d´entendre le violon d´Albert. Toute son âme était attentive ; et ses sens, fermés aux perceptions directes, s´éveillaient dans un autre monde, pour guider son esprit à travers des espaces inconnus habités par des nouveaux êtres » Albert exprime aussi les effets que la musique produit dans son âme. Au-delà des paroles la musique dit ce que l´âme ressent. Albert résume en peu des mots toute la théorie romantique que Sand verse dans son roman : «Consuelo, s'écriait-il, tu connais le chemin de mon âme. Tu possèdes la puissance refusée au vulgaire, et tu la possèdes plus qu'aucun être vivant en ce monde. Tu parles le langage divin, tu sais exprimer les sentiments les plus sublimes, et communiquer les émotions puissantes de ton âme inspirée. Chante donc toujours quand tu me vois succomber. Les paroles que tu prononces dans tes chants ont peu de sens pour moi ; elles ne sont qu'un thème abrégé, une indication incomplète, sur lesquels la pensée musicale s'exerce et se développe. Je les écoute à peine ; ce que j'entends, ce qui pénètre au fond de mon coeur, c'est ta voix, c'est ton accent, c'est ton inspiration. La musique dit tout ce que l'âme rêve et pressent de plus mystérieux et de plus élevé. C'est la manifestation d'un ordre d'idées et de sentiments supérieurs à ce que la parole humaine pourrait exprimer.
C'est la révélation de l'infini ; et, quand tu chantes, je n'appartiens plus à l'humanité que par ce que l'humanité a puisé de divin et d'éternel dans le sein du Créateur. Tout ce que ta bouche me refuse de consolation et d'encouragement dans le cours ordinaire de la vie, tout ce que la tyrannie sociale défend à ton coeur de me révéler, tes chants me le rendent au centuple. Tu me communiques alors tout ton être, et mon âme te possède dans la joie et dans la douleur, dans la foi et dans la crainte ; dans le transport de l'enthousiasme et dans les langueurs de la rêverie.». Dans ce roman, Sand réussit à faire l´amalgame entre la musique raffinée et la musique populaire laquelle possède une sorte de pureté naturelle. Je dirais dirions qu´elle avance les théories modernes sur la chanson populaire en tant que miroir d´une mélodie primordiale pleine de poésie et de rêverie. A ce propos, il serait intéressant d´étudier le roman de Sand, amie aussi très proche des grands mélodistes classiques comme Liszt et Chopin, à la lumière du concept de tonalité mélodique employé par Réti dans les années soixante du XXème siècle. Dans ce cas- là, nous ne sommes pas face à un modèle rythmique-harmonique strict comme dans le cas de la tonalité harmonique classique. La musique populaire maintient une note prédominante, ce qui permet au chanteur de varier la mélodie sans perdre la notion de tonalité mélodique. Ce genre de tonalité, plus primitif et par conséquent plus proche de la nature et du chant premier, a disparu lorsque les modèles classiques se sont emparés du pouvoir suprême de la musique occidentale. En tous les cas, la musique, soit du point de vue utopique social, soit du côté de l´onirisme romantique, représente pour la romancière le sommet sublime de l´art.